Enfants et mineur·e·s non accompagné·e·s

Population

Le nombre de mineurs non accompagnés pris en charge par les départements est estimé à 40 000 (2020), alors que 15 000 d’entre eux ont été confiés à l’Aide sociale à l’enfance et 980 ont déposé une demande d’asile en 2022.

En 2023, le Comede a soigné et accompagné 953 enfants mineurs, dont 261 dans le cadre des permanences téléphoniques. 

État de santé

Les enfants mineur.e.s (moins de 18 ans sont principalement atteints d’infection chronique par le VHB (taux global 68 pour 1000,
plus élevé parmi les jeunes d’Afrique de l’Ouest), et de troubles psychiques graves (94, plus élevé parmi les exilés d’Afrique centrale et d’Asie centrale). La schistosomose urinaire est fréquente parmi les jeunes originaires d’Afrique de l’Ouest (taux global 30, Mali 89), ainsi que l’anguillulose parmi les Ivoiriens (32). La drépanocytose homozygote est également fréquente (taux global 25).

Pour plus d’informations, consultez le rapport sur l’accompagnement psychologique des MNA. 

 

Accueil prioritaire

Au Centre de santé, les enfants et les MNA bénéficient d’un accueil prioritaire. Un bilan de santé est proposé lors d’un premier rendez-vous avec le ou la mineur·e qui peut être accompagné·e d’un·e interprète professionnel·le si nécessaire.

Ledit bilan de santé facilite la prévention, le dépistage et les soins de diverses affections graves ou potentiellement graves. Il comprend un examen clinique, incluant un entretien et un repérage de troubles psychiques, ainsi que des examens complémentaires réalisés par les laboratoires intervenant pour la Dases de la Ville de Paris, partenaire conventionnelle du Comede depuis 1984. Il consiste en des prélèvements sanguins (NFS-plaquettes, sérologies du VHB, du VHC, du VIH, de la syphilis, des anguilluloses et des schistosomioses), une radiographie pulmonaire accompagnée ou non d’un quantiféron, et des examens parasitologiques des selles et des urines ainsi qu’une bandelette urinaire.

Une seconde consultation médicale est ensuite planifiée avec le/la référent·e socio-éducatif de l’ASE afin de remettre au/à la mineur·e les résultats de ses examens. C’est à la fois un temps d’éducation à la santé et l’occasion de débuter les vaccinations nécessaires. Outre le dépistage de maladies graves, le bilan de santé permet également de retrouver et de traiter des affections bénignes et fréquentes (anémies, parasitoses intestinales…), d’aborder les questions de sexualité, de prévention des IST, de contraception et d’addictions. Un bilan dentaire et ophtalmologique est également prescrit. Près de la moitié des consultations médicales conduisent à la délivrance de médicaments par la pharmacie du Comede dans l’attente de l’ouverture des droits à une protection maladie intégrale. Selon les besoins, le/la médecin peut également solliciter l’intervention des autres professionnel·le·s du Centre de santé (psychothérapeutes, assistant·e·s social·e·s, éducation thérapeutique, ostéopathie).

Ensuite, un projet de soins est proposé aux jeunes patient·e·s en coordination avec les projets d’encadrement socio-éducatif. Certain·e·s mineur·e·s sont susceptibles d’être accueilli·e·s dans des foyers ou dans des familles d’accueil sur l’ensemble du territoire, la liaison avec un·e médecin de proximité est donc importante pour assurer la continuité des soins.

 

 

Victimes du soupçon

Les causes de l’exil sont multiples, mais tou·te·s ces mineur·e·s ont quitté une situation familiale fragile en conséquence d’une guerre, de conflits intra-familiaux, de difficultés économiques… Chez ces très jeunes exilé·e·s, la protection en tant que réfugié·e·s se double de la nécessité de protection de l’enfance. Néanmoins, une partie d’entre eux/elles sont soupçonné·e·s par les services spécialisés de ne pas donner leur âge véritable, et peuvent voir leur minorité contestée par la pratique d’une expertise médicale fondée sur des bases scientifiques très discutées, même lorsqu’ils disposent d’une pièce d’état civil.

À l’instar du Comede, plusieurs collectifs (ADJIE, MIE) déplorent l’exclusion d’une partie des mineur·e·s isolé·e·s étranger·e·s et des dysfonctionnements des services de « l’enfance », en dépit de la circulaire Taubira du 31 mai 2013. Plus grave encore, la proposition de loi, adoptée au Parlement en 2015, complétant la législation de 2007 sur la protection de l’enfance, fait l’impasse sur la question de l’évaluation préalable à l’entrée dans le dispositif de protection, qui conduit actuellement à laisser à la rue plus d’un·e jeune sur deux.